Blogue de l'Association pulmonaire du Canada

La pollution de l’air à la maison

Par Carlynn Ferguson-King

 

Lorsque nous parlons de pollution de l’air, nous pensons généralement à l’air extérieur. Pourtant, nous passons la majeure partie de notre temps à l’intérieur. Peu d’études ont examiné les effets de la pollution de l’air extérieur sur la qualité de l’air intérieur. Pour en savoir plus à ce sujet, nous avons discuté avec Perry Hystad, dont les études doctorales à l’Université de la Colombie-Britannique portaient sur la qualité de l’air.

Pourquoi est-il important d’étudier la qualité de l’air intérieur?

Nous passons seulement environ 10 pour cent de notre temps à l’extérieur, contre près de 70 pour cent dans nos maisons. C’est donc là que se produit la majeure partie de notre exposition. Si nous pouvions diminuer le niveau de pollution de l’air intérieur, nous réduirions considérablement notre taux d’exposition à la pollution de l’air.

Certaines conclusions vous ont-elles étonné?

Dans une partie de mon étude, nous avons installé des moniteurs dans les maisons et constaté que les niveaux de pollution de l’air intérieur variaient selon les activités. Tous les foyers étaient non-fumeurs, mais environ la moitié avaient un niveau de pollution plus élevé qu’à l’extérieur.

Pourquoi la pollution de l’air est-elle plus élevée dans les maisons?

La pollution est plus élevée dans les maisons en raison des activités intérieures. Le mode de chauffage est déterminant – l’utilisation d’un poêle à bois fait une grande différence. Le ménage (par exemple, passer l’aspirateur) peut polluer l’air, tout comme les chandelles et l’encens qui brûlent. Les sources de pollution sont environ 1 000 fois plus concentrées à l’intérieur, tout simplement parce qu’elles se dissipent moins rapidement qu’à l’extérieur.

Les résultats de votre étude pourraient donc avoir des implications pour les politiques de santé publique?

L’implication la plus évidente pour les politiques est de développer des codes et normes. Si on modifiait le code du bâtiment de manière à exiger la ventilation mécanique d’air filtré, cela permettrait d’améliorer la qualité de l’air intérieur.

Des filtres à air individuels peuvent également être installés dans les maisons pour réduire la pollution intérieure, comme l’a démontré un autre chercheur de l’Université de la Colombie-Britannique. Des incitatifs fiscaux pourraient être offerts à l’achat de filtres à air afin d’en encourager l’utilisation.

Les conclusions de l’étude sont également intéressantes du point de vue de la justice socio-environnementale. Les occupants de maisons de valeur plus faible signalaient une infiltration nettement plus élevée que ceux de maisons de valeur plus élevée. Cette étude est la seule à avoir démontré que les groupes de statut socioéconomique plus faible sont exposés à une infiltration plus élevée. D’autres recherches ont démontré que les groupes ayant le plus faible statut socioéconomique ont tendance à habiter dans des régions où la pollution de l’air extérieur est plus élevée. Nous savons à présent qu’ils reçoivent également une plus grande part de cette pollution dans leurs maisons, ce qui signifie qu’ils sont plus exposés qu’on le croyait. L’étude est donc la première à signaler cette dimension socio-environnementale.

Croyez-vous que le public est sensibilisé à la pollution de l’air intérieur?

J’ai constaté que les participants à l’étude étaient davantage préoccupés par la pollution de l’air extérieur. Personne ne s’inquiétait réellement des sources de pollution intérieure. Pourtant, dans la moitié des maisons étudiées, le niveau de pollution intérieure était plus élevé qu’à l’extérieur. Les gens ne sont pas vraiment conscientisés à ce sujet.

Votre recherche a-t-elle influencé votre approche à l’égard de votre milieu de vie?

Oui, et celle de ma copine aussi. Lorsqu’elle a vu les résultats, elle a cessé d’utiliser aussi souvent des chandelles. Quant à moi, je n’avais pas l’habitude d’utiliser la hotte de la cuisinière lors de la préparation des repas, mais je le fais toujours à présent. Cela a fait une grande différence dans la qualité de l’air des maisons que nous avons étudiées.

De plus, les résultats de mon étude et ceux d’autres recherches sur les niveaux de pollution de l’air ont influencé le choix de l’endroit où je veux vivre et les moyens que je prends pour réduire les polluants dans ma maison.

Quel conseil donneriez-vous aux lecteurs concernant la qualité de l’air intérieur?

Soyez conscient de toute source de pollution dans votre maison; son apport est approximativement 1 000 fois plus grand qu’à l’extérieur. Il est très utile de garder cela à l’esprit. Si vous savez que vous créez de la pollution par la cuisson, la friture, le ménage, etc., assurez-vous de faire circuler l’air dans toute la maison.

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Publié dans Qualité de l’air

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